Au secours ! J’ai mal à ma sécurité de l’emploi !

En ces temps agités, tout est devenu incertain. Et l’insécurité s’impose, dans de nombreux domaines. Les médias relaient des informations qui interpellent, questionnent, insécurisent : attentats, monde politique sens dessus dessous, économie en berne, crises en tous genres, fermetures d’entreprises, menaces qui pèsent sur le monde financier et en corrélé, sur le reste des secteurs…

 

En entreprise, le cortège habituel de faire toujours plus avec toujours moins de ressources, la pression du rythme effréné et les changements successifs comme par exemple, la digitalisation qui impacte les rôles et la façon dont on interagit avec les clients.

 

Et nous dans tout cela ? Comment trouver encore du sens ? Comment rester motivés au travail et de façon plus large, comment mener sa barque sur une mer déchaînée ?

 

 

Marc Aurèle a dit : «Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l'être mais aussi la sagesse de distinguer l'un de l'autre.»

 

Supporter ce qui ne peut être changé.

Vivre l’insécurité : l’observer, l’accepter, l’apprivoiser.

 

C’est un fait : vous n’avez que peu de prise sur la tempête qui souffle en ce moment sur notre monde, sur nos vies.

Menaces terroristes, menaces de crise économique, fermetures d’entreprises, réorganisation au sein de la vôtre, changements fondamentaux de votre rôle voire de votre métier : vous n’avez pas beaucoup de prise pour contrer cela. Point.

C’est vrai, c’est rude. Il faudrait une méga révolution pour changer tout cela en un tour de bras.

Cela ne veut pas dire qu’il faut tout accepter et se résigner. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit !

Cela veut dire qu’il n’y a pas d’autre moyen que de faire face et de tenter d’en tirer le meilleur parti. Dans « faire face » il y a : accepter ce qui ne peut pas être changé ET force de changer ce qui peut l’être.

Faire face, c’est faire c’est d’abord se changer soi. Pour soi et EN soi d’abord, pour les autres et avec les autres ensuite. Car tout changement commence d’abord par soi. 

Et cela commence par la perception que nous avons des choses. Laissez-moi vous raconter une histoire :

 

Le conte du paysans et des chevaux

Un paysan vivait sobrement, aidé dans son travail par un fils d’une quinzaine d’années et par un cheval de cinq ans. Mais un jour, le cheval dans la nuit rompit son licol et disparut. Mis au courant, voisins et amis vinrent dire en chœur au paysan : « Tu n’as pas de chance ». A quoi, celui-ci répondit : «  Qu’en savez-vous ? ».

Il voyait juste ! Cinq jours après son escapade, le cheval revenait, mais escorté par dix chevaux sauvages qu’il avait entraînés avec lui. Cette fois, les amis et voisins s’empressèrent d’aller dire au paysan : « Mais tu as beaucoup de chance ! ». L’intéressé leur répondit encore : « Qu’en savez-vous ? ».

Effectivement, après avoir nourri les poulains sauvages, le fils du paysan voulut commencer à les apprivoiser. Mais l’un d’entre eux, d’une brusque ruade, lui cassa la jambe. Désolé, le chœur de l’amitié et du voisinage vint tristement témoigner au père : « Vous n’avez donc pas de chance ? ». A nouveau, celui-ci répliqua : « Qu’en savez-vous ? ».

Il entendait juste ! Une troupe de soldats faisait de suite irruption et à grands coups de bottes et de cravaches, ils enrôlaient de force tous les jeunes du village. Mais ils laissèrent à son père le jeune à la jambe cassée auquel on fabriqua ensuite une attelle, en sorte qu’il put rendre suffisamment de services. Ceci incita voisins et amis à revenir, eux-mêmes éplorés, dire au père et au fils : « On vous envie votre chance ». Une fois encore, le père fit remarquer : « Qu’en savez-vous ? ».

De fait, au bout de cinq jours, une bande de brigands vint terroriser le village, et s’emparèrent des dix chevaux sauvages. Après leur départ, les amis puis les voisins vinrent exprimer leurs condoléances : « C’est vrai que ce n’est pas de chance ». Imperturbable, le paysan fit encore observer : « Qu’en savez-vous ? ».

Dans les journées qui suivirent, en effet, pris en chasse par les soldats, les brigands abandonnèrent les chevaux sauvages qui retournèrent vers le paysan, son fils et leur congénère.

Mais comme les choses se répétaient et pouvaient durer indéfiniment, cette fois, ce fut le paysan qui prit les devants et alla haranguer amis et voisins : « Pas plus qu’aucune chance n’est définitive, aucune malchance ne peut indéfiniment se perpétuer », observa-t-il. « Puisque nous ne pouvons nous fier aux chances qui nous adviennent, sachons aussi supporter les malchances qui nous tombent dessus : elles ne durent pas non plus.  Mais le bon cheval, malgré ses écarts, nous garantit la chance. »

 

Supporter, mais comment ?

 

Une bonne partie de notre stress provient de nos pensées et de notre perception de ce qui arrive. C’est toute l’histoire du verre à moitié plein ou à moitié vide. Le fait est qu’il y a un demi-verre. C’est le côté factuel qui doit être privilégié.

Le pire est que nous avons tous tendance à penser, tout en ayant encore le verre complètement rempli à la main, qu’il va bientôt être moitié vide…

Et là, nous commençons à nous faire du souci, ou même à avoir peur. On s’imagine que le verre sera vide, qu’on va crever de soif, que c’est la fin … qu’on ne pourra pas le remplir  à cause d’un feu qui se sera déclaré entre temps et empêchera de se rendre à la fontaine à eau pour le remplir.  On a pourtant encore le verre plein en mains. Et dieu sait ce qui peut se passer de bien entre ce moment et celui où il sera à moitié vide (ou plein) et celui où il sera complètement vide…

 

Lorsqu’une pensée vous traverse et qu’elle suscite de la peur, de la panique, de l’inconfort :

  •      Posez-vous la question de savoir si elle concerne l’ici et maintenant. Parce que si elle ne concerne pas l’ici et maintenant, et que vous ne pouvez rien faire ici et maintenant, ce n’est pas le moment de paniquer. Identifiez quand vous pourrez agir, et promettez –vous d’agir à ce moment-là. En attendant, vivez votre vie intensément. 
  •      Demandez-vous si elle n’est pas un peu exagérée : si c’est une pensée qui concerne le feu qui va peut-être vous empêcher d’aller à la fontaine d’eau, chassez-la hein, pas besoin de ça. Concentrez-vous sur ce que vous êtes en train de faire. Donnez vous à 100% à ce que vous êtes en train de faire.

En pratique, quelques astuces :

 

Observez

Soyez attentif à vos pensées et à leur contenu. Lorsque vous identifiez une pensée négative et irrationnelle, laissez-la passer, demandez-vous si cela est congruent de lui donner toute votre attention ou s’il ne vaut pas mieux vous reconcentrer sur ce que vous êtes en train de faire.

 

Agissez sur ce qui peut l’être

Nous y reviendrons dans la partie 2 : si vous pouvez agir, faites-le. Si vous pouvez, mais pas maintenant, promettez-vous de le faire dans tel délai et reconcentrez-vous sur ce que vous étiez en train de faire. Si vous ne pouvez agir, reconcentrez-vous sur ce que vous faisiez. Une réflexion en profondeur s’impose peut-être : si vous ne pouvez agir sur une menace de licenciement, il faudra bien un jour vous poser la question du repositionnement. C’est l’objet de la partie 2 :avoir le courage de changer ce qui peut l’être : quand on va être licencié, on ne peut pas agir sur le licenciement, mais bien la façon ainsi que ce qu’on va faire ensuite.

 

Respirez

Prenez le temps de respirer. Cela peut paraître naïf, c’est pourtant une technique puissante pour garder le cap et tenir le coup. Ménagez-vous du temps pour faire des exercices de respiration. Idéalement, créez vous une routine : tous les matins, ou tous les matins et tous les soirs. Il existe des applications « cohérence cardiaque » très faciles à trouver, gratuite et qui ne prennent que 5 minutes par exercice. Multipliez les occasions d’aller vous promener, favorisez le contact avec la nature  et le calme. Choisissez des moments de la journée où il fait plus calme comme le matin tôt ou en soirée.

 

Ralentissez

Identifiez les zones de votre agenda où vous pouvez lever le pied. Revoyez votre organisation pour prendre du temps pour déjeuner au calme à midi, partager le repas du soir en famille. Éteignez vos devices et déconnectez-vous. «Déblindez » votre agenda et faites de la place au vide, au repos, à ce que les italiens appellent la dolce vita.

 

Prenez soin de vous

Placez-vous au centre de vos préoccupations : pas de façon égoïste, on s’entend, mais posez-vous la question, avant d’accepter des invitations, des activités, des tâches en plus : « Est –ce que c’est juste pour moi ? ». Concentrez-vous sur ce qui est important pour vous.

 

Prenez soin de ceux qui vous sont chers

Le « miracle de l’insécurité » est que cela remet un peu les choses en perspectives. Vous prenez conscience du cadeau que représentent votre conjoint (e), vos enfants, votre famille, vos proches. Prenez le temps de leur dire, de passer du temps avec eux, de les chérir. Ce temps passé donne du sens à votre vie qui en perd par ailleurs, dans d’autres compartiments de votre vie. Votre entourage, c’est votre socle. Ne l’oubliez pas. Les enfants, tout particulièrement, ont le chic pour vous faire vivre l’instant présent, intensément. C’est précieux.

 

Soyez reconnaissants

Votre vie est peut-être en plein chamboulement, l’insécurité règne, mais vous avez par ailleurs un tas de raisons d’être reconnaissant de ce que vous possédez, de ce que vous avez parcouru comme chemin, … Prenez le temps de faire l’inventaire de tout ce qui vous rend chanceux.

 

Méditez

La méditation, et surtout en tant que discipline quotidienne, est un excellent moyen de gérer ses émotions, ses pensées, son stress. Elle aide à prendre du recul et à voir les choses différemment. De nombreuses études le démontrent. Prenez le temps de méditer, le matin avant de commencer votre journée par exemple. Il existe des applications smartphone qui vous permettent de débuter et de profiter de méditations guidées. Ou bien de télécharger des musiques qui vous permettent de vous accompagner dans votre méditation si vous êtes un averti.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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