Ingérable la génération Y ? Et si nous étions (un peu) responsables ?

On les dit nonchalants, insolents, réfractaires à la hiérarchie et à l’autorité. Un patron qui ne respecterait pas leur biorythme et leur soif d’équilibre vie pro et vie personnelle serait d’office blacklisté.

Pour eux, l’épanouissement personnel n’est pas négociable.

Entre fromage et dessert, ils prennent les deux !

Vous avez compris de qui je parle ?

Oui, la quasi totalité des chefs d’entreprises, responsables RH, managers a eu l’occasion une fois dans sa vie professionnelle, de se frotter à  la génération Y.

La littérature « comment manager la génération Y » ne manque pas d’anecdotes croustillantes, les formations/ateliers en « management intergénérationnel » fleurissent.

Mais de quoi se plaignent les chefs ?

« c’est pas inscrit dans ma job description, alors je fais pas »

« mon contrat de travail dit que… »

« si je ne kiffe pas mon travail, si ça me saoule, je me casse… »

« j’ai envie de faire une pause carrière pour aller méditer en Inde, j’y vais… »

Et si nous, les X, parents de cette génération d’enfants gâtés étions les premiers responsables des comportements de nos rejetons au sein de l’entreprise ?

Nous les avons élevés en souhaitant les voir épanouis, avec une solide estime d’eux mêmes, non ?

Nous leur avons donné l’habitude d’être écoutés (les « enfants rois », vous connaissez ?), choyés, entourés d’amour…Avec pour livres de chevet les ouvrages de Françoise Dolto…

La génération Y est aussi celle qui a expérimenté l’absence des parents, c’est la génération « portefeuille ». Ce sont aussi les enfants du divorce, et il a fallu les cajoler davantage pour compenser.

Et si nous avions oublié de leur donner un cadre, de fixer les règles?

« Avant », on inculquait aux enfants l'idée d'avoir une bonne situation professionnelle, maintenant, «aujourd’hui » on leur dit d'être heureux et épanouis. 

Alors, comment s'y prendre maintenant ?

Nous (les parents) avons accepté d’expliquer, de parlementer, de négocier… alors comment leur faire « avaler » des règles différentes en entreprise ?

Ce qui ne fonctionne pas, c'est l'injonction, la consigne.

Ce qui ne signifie pas qu’il faut renoncer à donner un cadre, à le rappeler si besoin et à cadrer et recadrer. De toute façon ils sont en attente de feed back immédiat (au fait : soyez prêts à en avoir aussi, leur esprit critique va en décoiffer plus d’un J)

Un écouteur dans les oreilles, ça vous gêne ? ça empêche la concentration et favorise les erreurs ? et alors, on leur a répété 1000 fois qu’ils avaient droit à l’erreur (pour construire leur self esteem et prendre confiance en eux ! Comment voulez vous revenir la dessus ?)

Le smart phone greffé à la main ? Des flots de sms et de twits ? Qui ne fait pas cela aujourd’hui ? Qui n’est pas hyperconnecté ? Qui ne tapote pas sur son Smartphone pendant les réunions ?

Ils sont lassés au bout de 2 ans dans le même job ? Ne soyez pas étonnés s’ils vous disent un matin « voilà, j’ai fait le tour de la boite, qu’est ce que vous me proposez ? » Comment ça, vous avez fait toute votre carrière dans la même entreprise ???

A 30 ans, ils ont déjà eu 5 emplois différents (souvent des CDD ou des postes en intérim) et malgré les 100 lettres de candidatures envoyées, seuls deux employeurs ont daigné répondre…votre candidature a retenu toute notre attention, malheureusement….vous connaissez la suite.

Non, il n’y a pas que les seniors qui sont touchés par la brutalité du marché du travail…

Les moins de 30 ans sont hyper diplômés, mais ils sont nés dans une époque de chômage et ils n’attendent rien du monde du travail. Ils prennent tout simplement ce qui est à prendre et quand ils ne sont plus contents, ils jettent.

En conclusion, pourquoi faut il caricaturer la génération Y et la stigmatiser à tout prix ?

L’effronterie, la fougue ne sont ils pas d’immuables caractéristiques de la jeunesse ? Le conflit entre les jeunes et les plus anciens n’est il pas une vieille histoire ? La jeunesse subversive et réfractaire aux règles et aux codes n’a t elle pas toujours existé ?

De même, des revendications telles que trouver un meilleur équilibre entre vie privée et professionnelle, vouloir un travail qui ai du sens, sont elles l’apanage de la génération Y ?

Le besoin d’avoir un sentiment d’appartenance à une entreprise à laquelle on croit, dans laquelle on a envie de s’investir est il réservé aux moins de 30 ans ?

L’envie de rapporter à un chef qui vous considère comme un partenaire de travail et participe à votre développement professionnel (et pourquoi pas personnel) est elle uniquement exprimée par les jeunes générations ?

Envie de débattre sur le sujet et d’échanger avec d’autres professionnels ?

 

Rendez vous le 30 juin pour l’atelier "Intergénérationnel: comment comprendre les différences et décloisonner la communication?

plus d'info et réservation sur http://club.paperjam.lu/event/intergenerationnel-comment-comprendre-les-differences-et-decloisonner-la-communication

 

 

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