Passer de la compétition à la collaboration ?

 




La nouvelle génération hyper connectée est aussi hyper collaborative. Habituée aux changements et à la mouvance des choses, elle s’adapte vite et bien. Son mode de fonctionnement repose sur la collaboration avec les autres. C’est l’ère de la débrouille. Du copain du copain du copain qui… Des réseaux sociaux « qui peut ? … » ou  forums où l’on pose des questions, où l’on demande de l’aide.


Dans ce nouveau paradigme, les générations précédentes, élevées dans la compétition, l’individualisme et le succès personnel ont du mal à s’y retrouver.

 

Pourtant, le changement est déjà là et il convient de s’y adapter.

 

 Comment passer du modèle individualiste au modèle collaboratif ? Quels sont les enjeux ? Quels sont les freins ? Quels sont les leviers ?

 

Les enjeux.

L’individualisme est devenu obsolète.

Le système individualiste a montré ses limites. La réussite des uns n’implique pas nécessairement la réussite des autres ni la réussite de l’entreprise. La poursuite du succès individuel a bien souvent été à l’encontre de l’intérêt de l’entreprise voire du système économique dans son ensemble. Si la récompense individuelle a – un temps- poussé les employés à se surpasser, à produire plus, à être plus performants, au bénéfice croyait-on de l’entreprise, elle a fini par produire l’effet inverse : la poursuite de la récompense a fini par devenir la préoccupation unique au détriment du reste. Il convient de changer, pour un meilleur fonctionnement de l’entreprise et de l’économie en général.

 

Le changement est inéluctable.

Les jeunes générations ont des préoccupations différentes : davantage à la recherche de l’épanouissement professionnel, du développement surtout et de l’équilibre de vie, ils n’adhèrent pas à l’ancien schéma. Si l’entreprise ne peut pas leur offrir un cadre de valeurs auxquelles adhérer, ni, surtout, du sens à ce qu’ils font, ils ne s’y sentent pas bien et s’en vont. Et ils n’ont pas peur de partir, le changement, ils sont tombés dedans quand ils étaient petits, comme Obélix dans la potion magique.

 

C’est aujourd’hui que nous préparons l’entreprise de demain.

Les managers d’aujourd’hui, et surtout le top management d’aujourd’hui, appartient pour la plupart à l’ancienne génération, les employés à la « nouvelle ». Pour que l’entreprise continue à fonctionner, il convient de s’adapter. En outre, les employés de demain sont ceux qui deviendront managers. Le changement doit se préparer maintenant si nous souhaitons que les choses se fassent en douceur et non dans la cohue générale.

 

Vision globale.

D’un point de vue plus … disons… holistique, il est urgent de changer. Le modèle a fait son temps. Epuisement des richesses de la terre, guerres, changements climatiques, l’humanité court droit dans le mur. Il est temps de prendre chacun ses responsabilités à son niveau : c’est par soi qu’on commence.


Les freins.

L’habitude.

Les habitudes ont la vie dure. Combien de fois avons-nous entendu « nous avons toujours fait comme ça ! ça a toujours bien fonctionné ? Pourquoi réinventer la roue » ?

Parce que si nous ne l’avions pas fait autrefois, nous serions toujours éclairés à la bougie peut-être ?


Les croyances.

Beaucoup sont persuadés que leur modèle est le seul modèle. Que le changement va leur faire perdre quelque chose et non gagner.

L’ancienne génération pense que la nouvelle ne se préoccupe que de s’amuser et d’en faire le moins possible. Et si la nouvelle génération avait juste observé ses parents et tiré les leçons ? Et s’ils étaient à la recherche d’un équilibre, pas nécessairement préjudiciable au bon fonctionnement de l’entreprise ? Et si les ainés avaient à apprendre des jeunes ?


La peur de se tromper.

Innover, changer, c’est prendre un risque. Il faut beaucoup se tromper avant de réussir. L’enfant qui apprend à marcher tombe plus de 600 fois par jour, pourtant, nous nous déplaçons tous debout ! Essayer, corriger, essayer encore et corriger encore, jusqu’à atteindre son but.


Les leviers

 

Les leçons du passé

L’acquisition de biens matériels s’est très vite confondue avec la représentation du bonheur. Pour être heureux, il faut posséder. Dans la vie professionnelle, la recherche du bonus ou du pouvoir a remplacé la recherche de l’épanouissement professionnel et l’équilibre de vie. Pourtant, à l’instar des jeunes, l’ancienne génération se rend compte qu’il y a autre chose : autre chose en dehors du travail, autre chose pour mieux vivre au travail. Les prises de consciences sont nombreuses autour de l’équilibre de vie et du sens à ce que l’on fait. Ce qui rend heureux n’est pas seulement (ou n’est plus) posséder des choses, mais passer du temps de qualité en famille, avec des amis. Se sentir utile. Avoir la pêche au lever à l’idée de retrouver ses collègues et d’ensemble travailler sur un projet motivant.


Les jeunes ont des choses à apprendre à leurs ainés

Laissons la parole aux jeunes et donnons-leur la possibilité d’exprimer leurs idées et de tester leurs projets. On trouve normal de modéliser un grand sportif pour améliorer ses performances sportives, pourquoi ne pas modéliser le mode de fonctionnement des jeunes ?


La collaboration, c’est positif !

Imaginez-vous un matin vous lever avec l’envie d’aller travailler ensemble sur un projet plutôt qu’avec la contrainte de devoir être meilleur que les autres, de comploter, de faire de la politique au travail ? N’est-ce pas nettement plus léger ?

La collaboration permet à chacun d’exprimer qui il est et de laisser s’exprimer ses talents. De s’enrichir les uns et les autres des expériences respectives. Ça fait grandir et ça rend heureux.


Et donc ? Comment passer de l’un à l’autre ?

 S’écouter les uns les autres

Donner la parole aux uns et aux autres par la création de groupes de travail par exemple. Réfléchir à d’autres façons de faire en s’inspirant de l’expérience de l’un et de l’autre.

Laisser place à la créativité

Créez un endroit où les personnes peuvent se réunir et échanger des idées. Des évènements d’échange collaboratifs. Favorisez l’émergence de la créativité et des idées dans chacune de vos réunions, ou même, pourquoi pas,  au début de chaque journée ?

 Essayer

Prendre un risque et se lancer !  S’autoriser les échecs, les corrections, les essais. Une idée vous a semblé bonne ? Lancez-vous ! Mieux ! Donnez la responsabilité à la personne qui l’a eue de lui donner forme et vie.

Lâcher prise

A chaque projet son équipe, à chaque fois la possibilité d’endosser un rôle différents.

Donnez la parole à vos collaborateurs ou collègues et invitez-les à prendre l’initiative de telle ou telle tâche. Laissez les rênes à quelqu’un d’autre. Ou même, pourquoi pas, faites une tournante de responsabilité ? Echangez à propos de ce que chacun a pu ressentir ou vivre dans son rôle respectif, donnez-vous des conseils, reconnaissez les belles ou bonnes choses qui ont émergé, enrichissez-vous de vos expériences respectives.

 S’amuser

Donnez de l’importance à la légèreté sans perdre de vue la responsabilité.

Si chacun a la possibilité d’exprimer son talent, chacun sera épanoui.  S’amuser, c’est important : ça aide la créativité, ça renforce l’esprit d’équipe, ça rend performant.

ET VOUS ? comment feriez-vous ?


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